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Travaux à la gare

Les travaux de rénovation de la gare de Péruwelz marquent une étape cruciale dans la modernisation de ce bâtiment historique.

Info travaux
©www.garesbelges.be
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Histoire de la Gare de Péruwelz : Du rail charbonnier au carrefour international


L'essor du chemin de fer au XIXᵉ siècle
L’histoire ferroviaire de Péruwelz débute sous l’impulsion de la Compagnie des Bassins Houillers du Hainaut, soucieuse de développer l’axe stratégique « Saint-Ghislain – Tournai – Flandre ».

À l’époque, l'enjeu économique est majeur :

  • Transporter les ressources : écouler le charbon du Borinage vers la Flandre et le port de Gand, approvisionner les grands centres textiles de la région (Leuze, Frasnes, Saint-Sauveur) et acheminer la production des fours à chaux de Basècles.
  • Mobilité de la main-d’œuvre : permettre le déplacement des travailleurs flamands vers les mines et industries wallonnes.

La Ligne 78 dessert Péruwelz dès le 1ᵉʳ mars 1867. La jonction vers Tournai est ensuite officialisée par l’État belge le 15 février 1870. À ses débuts, l'infrastructure reste rudimentaire : la première gare, située en cul-de-sac près de la rue de la Buissière, ne comprend qu'un simple baraquement provisoire.

©Péruwelzis d'hier et ©Ville de Péruwelz
©Péruwelzis d'hier et ©Ville de Péruwelz

La grande gare de la Loquette (1899)


Face au développement du trafic, la construction d'une gare moderne est décidée sur le site de « la Loquette ». Pose de la première pierre le 10 octobre 1896, suivis de l'installation d'un auvent en 1897 et d'une inauguration officielle en mars 1899.

L'édifice se distingue par sa grandeur et sa valeur architecturale :

  • Un style remarquable : un bâtiment imposant de 64 mètres de long sur 12 mètres de large, conçu dans le style emblématique de la Renaissance flamande.
  • Une gare internationale : reliée à la France par la Ligne 92 (venant de Somain et d’Anzin), Péruwelz devient un point de passage transfrontalier clé.
  • Une organisation moderne :
    • Aile gauche (côté Tournai) : dédiée aux services des douanes pour le contrôle des voyageurs en provenance de France.
    • Aile droite (côté Basècles/Blaton) : abritant trois salles d’attente séparées (1ᵉʳᵉ, 2ᵉ et 3ᵉ classes), ainsi que les services des chemins de fer, de la télégraphie et du téléphone.
©delcampe.net
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L’âge d’or économique et ferroviaire (début XXᵉ siècle)


Un carrefour industriel majeur
Au début du XXᵉ siècle, la gare de Péruwelz devient un poumon économique central pour la région. En 1912, un hangar aux marchandises de 48 mètres de long y est construit.

L'infrastucture compte alors sept voies (trois voies principales pour les lignes 78 et 92, et quatre voies secondaires). Ce dispositif permet de gérer les manœuvres, le garage des convois, et donne accès à une plaque tournante dédiée aux locomotives des trains français.

La gare dessert de nombreux raccordements privés d'entreprises locales majeures :

  • 1892 : Raccordement de l'industriel Louis Marlier (devenu « Louis Boël Marlier » en 1927).
  • 1894 : Installation de l'industriel Delhaye-Cortin (exploité plus tard par le Comptoir des eaux et bières de Pierre Austrate).
  • 1895 : Raccordement de l'entreprise charbonnière Jourdois.
  • Dès 1920 : Arrivée des Établissements Midol, des Tanneries Théophile Mazurelle, ainsi que du Frigofère (devenu « Omer Vermeersch » en 1928). Un quai de transbordement assure également la jonction avec le tramway dans la rue Ponsart.
©delcampe.net
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Le « Tram à k’vaux » et le transport des pèlerins


La gare voit transiter des dizaines de milliers de voyageurs, en particulier les pèlerins et touristes se rendant à Bonsecours (à 2 km).

L’époque hippomobile : Un service de tramway tracté par des chevaux est inauguré le 30 mai 1880. Pour 10 à 25 centimes, il offre un moyen de transport sûr et économique.

Évolution : Après la création de la société « Les tramways électriques de Péruwelz et extensions » en 1910, la traction hippomobile est remplacée par la vapeur durant la Première Guerre mondiale, avant que le réseau ne disparaisse progressivement durant l'entre-deux-guerres.

©Autrot
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Déclin, modernisation et avenir de la gare


De la modernisation du rail à l'électrification (1970 - 1980)
Avec la fermeture des charbonnages et la fin de la ligne transfrontalière vers Anzin-Somain en 1973, l'activité marchandises régresse.

Entre 1979 et 1981, le site est modernisé dans le cadre de l’électrification de la ligne :

  • Le nombre de voies est ramené de 7 à 2.
  • Les anciennes cabines sont démolies et le tracé de la courbe d'entrée est adouci.
  • La ligne électrifiée est inaugurée le 19 janvier 1982, l'espace des anciens raccordements étant reconverti, notamment en parking.
©Wapict
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La gare aujourd'hui : patrimoine et renaissance


Aujourd'hui, la gare de Péruwelz demeure un pôle d'intermodalité clé sur la ligne 78 (faisant la jonction entre Mons, Tournai et Lille-Flandres), avec des correspondances assurées par les réseaux de bus TEC et Transvilles.

Un patrimoine protégé : Classé par la Région wallonne en 1982, le bâtiment de la gare est racheté par la Ville de Péruwelz en juillet 2004 afin d'en garantir la préservation (blason de la ville, gravures «Douanes» et «Télégraphe», roue ailée).

©Morue M.
©Morue M.

Rénovation de la gare

Propriété de la ville depuis 2004, la gare avait déjà bénéficié en 2005 d'un aménagement des guichets et de salle d’attente par la SNCB qui bénéficie d’un bail emphytéotique. 
En 2012, une première phase de rénovation avait permis de restaurer l’enveloppe extérieure du bâtiment, sous l’égide de l’AWaP, en raison de son classement.

En juin 2020, le conseil communal a adopté un plan d’affectation des locaux après une consultation publique. Le rez-de-chaussée de la gare sera transformé en une brasserie avec bar et cuisine pour une capacité d’accueil d’une septantaine de personnes.

 

©Morue M.
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Un petit espace commercial est également prévu, tandis que l’étage accueillera, après renforcement des planchers, trois salles polyvalentes destinées à la vie associative et culturelle. Des verrières sont d’ailleurs prévues à l’étage pour apporter de la lumière naturelle.

Un ascenseur et des escaliers seront installés pour garantir l’accessibilité à tous.

Le cahier des charges, approuvé en juin 2022, a permis d’attribuer le marché à l’entreprise Monument de Tournai. Les travaux, qui ont commencé récemment, incluent la restauration des éléments patrimoniaux tels que les plafonds, frises, banquettes, guichets et ferronneries.

Un système de chauffage central remplacera les poêles existants, et des équipements, tels que des alarmes incendie et des systèmes de ventilation, seront installés. Un réseau informatique sera également mis en place pour une gestion moderne des accès.

Le chantier, d’une durée de 340 jours ouvrables, devrait se terminer pour fin 2026. Le coût total avoisine les 6 millions d’euros, avec des subsides de 2,6 millions d’euros provenant du Plan de relance de la Wallonie et 1,4 million d’euros de la Rénovation urbaine (Département de l'Aménagement du territoire et de l'Urbanisme Direction de l'Aménagement opérationnel et de la Ville).

L’installation du chantier impactera le stationnement, avec la suppression des places de parking juste devant la gare et sous la halle urbaine. La place PMR existante sera déplacée de quelques mètres. Par contre, il n’y aura pas d’impact sur les quais des bus situés à proximité.

Gare de Péruwelz